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Émilie Bouvard. Louise Bourgeois et Pablo Picasso,...

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Émilie Bouvard. Louise Bourgeois et Pablo Picasso, l‘art et le fétiche

Louise Bourgeois Ensemble de trois Femme-maison

Louise Bourgeois, Ensemble de trois Femme-maison, 1945-1947, huile et encre sur lin, 91, 5x 35, 5 cm. collection particulière / Tate Modern

Louise Bourgeois, éduquée dans un milieu bourgeois de restaurateurs de tapisserie, formée dans les académies parisiennes des années 1920 et 1930, a découvert assez tôt l’art de Pablo Picasso. En voisine de la galerie Gradhiva d’André Breton dans les années 1930, elle sait aussi l’importance qu’accorde à Picasso le milieu surréaliste – milieu qui la rejette, et particulièrement Breton. En 1938, alors qu’elle tient une petite galerie de gravures et de dessins, elle rencontre l’historien d’art américain Robert Goldwater, qui vient de finir sa thèse sur « Le primitivisme dans l’art moderne ». Il y loue l’art de Picasso, et non celui des surréalistes, qu’il juge « faux ». Il semble que Bourgeois et Goldwater soient d’accord. Pour Bourgeois, si l’art de Picasso ne représente pas une influence sur le plan formel, en revanche, il reste pour lui un modèle, celui de la recherche d’un authentique primitivisme, face à la « littérature » surréaliste.

Louise Bourgeois was educated in a bourgeois milieu of tapestry restorers, and trained in the fine arts Parisian « academies » in the 1920s and 1930s. She was well-aware of the art of Picasso. As a neighbor of André Breton’s gallery Gradhiva, she knows also the importance of Picasso for the Surrealist movement – a movement that rejected her, and specially Breton. In 1938, as she rules a little prints and drawings gallery, she met the American art historian Robert Goldwater, who has juts finished his PhD on “Primitivism in Modern Art”. He praises the art of Picasso, but despises the one of the Surrealists, which he considers as “fake”. Bourgeois and Goldwater get on well on that matter. If Picasso is of no real influence on Bourgeois from a formal point of view, he represents from another part a model of attitude, as the searcher for a true “primitivism”, faced to the Surrealist “literature”.

Emilie Bouvard est conservatrice au Musée national Picasso-Paris, chargée des peintures de 1938 à 1973, de la recherche et des éditions et de l’art contemporain. Elle achève une thèse d’histoire de l’art portant sur la « Violence des artistes femmes. 1960-1975 » à l’Université Paris I.

Emilie Bouvard is a curator at the Musée national Picasso-Paris, in charge of paintings (1938-1973), research and editions, and contemporary art. She is writing a Phd on “Violence of Women’s Art. 1960-1975” for the University Paris-I.