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Michael FitzGerald: The Monument to Apollinaire and Picasso Scholarship. Some Thoughts on the Last 40 Years

Pablo Picasso Figure

Pablo Picasso Figure, fall 1928 Iron wire and sheet metal, 50.5 x 18.5 x 40.8 cm Musée National Picasso, Paris. Dation Pablo Picasso. MP264 © RMN-Grand Palais (musée Picasso de Paris) / Béatrice Hatala © Succession Picasso, 2016

Les propositions pour le monument à Guillaume Apollinaire, que Picasso a faites en 1927-1930, présentent deux questions fondamentales pour la compréhension de l’art de Picasso : la limitation des définitions basées sur les supports de son travail, et le rôle de la collaboration dans son processus de création, en particulier concernant ses œuvres tardives, la sculpture à grande échelle. La question des supports ne se limite pas à la relation de la sculpture à la peinture, au dessin et à la gravure, mais comprend également la relation entre les arts visuels et la littérature.

La commande pour un monument destiné à être placé sur la tombe d’Apollinaire au cimetière du Père-Lachaise, que Picasso a reçue en 1920 d’un groupe d’amis du poète, présentait pour Picasso un défi inhabituel de collaboration, tant pour sa réalisation que pour définir l’héritage d’Apollinaire. Alors que le partenariat de Picasso avec Julio Gonzàlez est à l’origine de certaines de ses meilleures sculptures, en particulier les Constructions de fil (1928) et La Femme au jardin (1929), ce projet a échoué en raison des divergences de vues entre Picasso et les membres du comité, en particulier le désir de l’artiste d’associer Apollinaire (et lui-même) au mouvement du surréalisme.

Au début des années 1930, cet échec a entraîné une nouvelle proposition majeure de Picasso, les Constructions de fil, dépouillée de l’inspiration initiale du Poète assassiné d’Apollinaire et redéfinie en des termes abstraits strictement formels comme « dessins dans l’espace ». Pendant près de quarante ans, ces sculptures n’ont pas été commentées en relation avec leur objet, qu’il s’agisse de leur inspiration littéraire ou de leur connexion à des peintures et des dessins contemporains de Picasso.

Au début des années 1970, plusieurs relectures des propositions pour le monument à Apollinaire ont permis de reconsidérer l’ensemble de leurs significations d’interprétation et les défis de cette collaboration, questions désormais reconnues comme élément central de l’étude de la sculpture de Picasso.

The proposals for the monument to Guillaume Apollinaire (1880–1918), which Picasso created in 1927-30, frame two issues that are fundamental to the understanding of Picasso’s art: the limitation of media-based definitions of his work, and the role of collaboration in his creative process, particularly regarding his late, large-scale sculpture. The issue of media is not limited to the relation of sculpture to painting, drawing and printmaking, but also includes the relationship of the visual arts to literature.

The commission for a monument to be placed on Apollinaire’s tomb in Père Lachaise cemetery, which Picasso received in 1920 from a group of the poet’s friends, confronted Picasso with the unusual challenge of collaboration to realize the monument and to define Apollinaire’s legacy. While Picasso’s partnership with Julio Gonzàlez resulted in some of his greatest sculpture, particularly the Wire Constructions (1928) and The Woman in a Garden (1929–30), the project failed because of differences between Picasso and the committee members, particularly Picasso’s desire to associate Apollinaire (and himself) with the movement of Surrealism.

By the early 1930s, this failure led to Picasso’s primary proposal, the Wire Constructions, being stripped of its inspiration in Apollinaire’s Le Poète assassiné and redefined in strictly formal, abstract terms as “drawings in space.” For nearly forty years, these sculptures were not discussed in relation to their subject matter: either their literary inspiration or their connection to Picasso’s contemporary paintings and drawings.

Beginning in the 1970s, reinterpretations of the proposals for the monument to Apollinaire restored the full range of their interpretive meanings and collaborative challenges, issues that are increasingly recognized as central to the study of Picasso’s sculpture.

Après avoir terminé sa thèse sur les propositions de Picasso pour un monument à Apollinaire (Columbia, 1987), Michael FitzGerald a écrit Making Modernism: Picasso and the Creation of the Market for Twentieth-Century Art (1995) et a organisé les expositions « Picasso and American Art » (Whitney Museum of American Art, 2005) et « Post-Picasso : Contemporary Reactions » (Museu Picasso, Barcelone, 2014). Il est professeur des beaux-arts au Trinity College à Hartford, Connecticut.

After completing his dissertation on Picasso’s proposals for a monument to Apollinaire (Columbia, 1987), Michael FitzGerald wrote Making Modernism: Picasso and the Creation of the Market for Twentieth-Century Art (1995) and curated exhibitions, including Picasso and American Art (Whitney Museum of American Art, 2005) and Post-Picasso: Contemporary Reactions (Museu Picasso, Barcelona, 2014). He is Professor of Fine Arts at Trinity College in Hartford, Connecticut.

Les resumés de chaque intervention