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Audrey Norcia. « On n’a jamais rien fait d’aussi dépouillé. » Les idoles archaïques de Picasso, Picasso idole d’aujourd’hui

Statuette féminine

Statuette féminine, Cycladique Ancien II (2700-2300 avant J.-C.). Groupe de Syros. Provenance : Naxos. Type de Chalandriani. Marbre. H. : 27,5 cm. Paris, musée du Louvre. MA3093 ©RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

 Interroger le primitivisme cycladique de Picasso se justifie au moins par les nombreuses références à l’idole-violon dans l’essai dialogué de Malraux, La Tête d’obsidienne, publié un an après la mort de l’artiste : l’écrivain nous y apprend que le peintre-sculpteur en possédait un exemplaire et qu’à maintes reprises il s’était exprimé sur cette plastique dépouillée. Comment cet art protohistorique, daté de –2600/–2100 avant notre ère, a essaimé dans son œuvre ? À quel moment cet emprunt à la sculpture des Cyclades apparaît-il pour s’estomper et finalement resurgir ? Et, d’ailleurs, qu’est devenue cette idole-violon ? Telles sont questions qui orienteront notre propos.

To question the Cycladic Primitivism of Picasso can be justified at least by many references to the violon figurine in Malraux’s essay, La Tête d’obsidienne, published one year after the death of the artist: the writer tells us that our painter/sculptor owned one copy and, many times, talked about this concise statuary. How did this protohistoric art (2600/2100 BCE) spread in his work? At what stage does this borrowing from Cycladic sculpture appear to decrease and finally re-emerge? And, for the rest, what did this violon figurine become? Those questions will orientate our study.

Docteure en histoire de l’art, Audrey Norcia a soutenu en 2013 à Paris-I, sous la direction de Philippe Dagen, une thèse qui interrogeait les relations entre l’art contemporain et l’archéologie depuis les années 1950. Cette recherche, à paraître fin 2016 aux Presses du réel, se poursuit au travers de son approche interdisciplinaire qui l’amène à investiguer d’autres champs d’étude esthétique (en particulier le cinéma et la littérature) mais aussi d’autres sciences humaines (archéologie, anthropologie, psychologie). En ce sens, l’auteure coordonne deux ouvrages à paraître (avec Michaël Jasmin, Des temps qui se regardent : dialogue entre l’art contemporain et l’archéologie, Actes Sud-Errance ; avec Cécile Barbier, La Trace. Regards croisés d’ergonomes, archéologues et historiens d’art, L’Harmattan). Audrey Norcia est actuellement membre associé de l’équipe HiCSA-CPC (Paris-I) et du groupe de recherche « Pour une histoire universelle des ruines » piloté par Alain Schnapp. Elle a été conseillère scientifique de la partie contemporaine de l’exposition « La Forza delle rovine » (Rome, Palazzo Altemps, 7 octobre 2015-31 janvier 2016). Elle est l’auteure de plusieurs articles ayant trait aux relations qu’entretiennent l’art et l’archéologie aux xxe-xxie siècles ainsi qu’à la présence de l’Antiquité dans la création actuelle, notamment dans la photographie et le cinéma italiens.

Audrey Norcia received her PhD in art history in 2013 from the Université Paris-I, and produced, under the direction of Philippe Dagen, a thesis that explores the relationship between contemporary art and archaeology since the 1950s. This research, which will be published at the end of 2016 by the Presses du Réel, takes an interdisciplinary approach that investigates other fields of study in the arts, including cinema and literature, as well as the scientific disciplines of archaeology, anthropology and psychology. Two forthcoming books—with Michaël Jasmin, Des temps qui se regardent–dialogue entre l’art contemporain et l’archéologie, Actes Sud-Errance and with Cécile Barbier, La Trace–Regards croisés d’ergonomes, archéologues et historiens d’art, L’Harmattan—will further explore these topics. Norcia is currently an associate member of the team HiCSA-CPA (Université Paris-1) and of the research group “For a universal history of ruins” directed by Alain Schnapp. She was scientific counsellor for the contemporary portion of the exhibition La Forza delle rovine (Palazzo Altemps Rome,, 7 October 2015–31 January 2016). She is the author of numerous articles concerning the relationship between art and archaeology of the twentieth and twenty-first centuries, as well as the presence of antiquity in modern art, especially in Italian photography and cinema.

Les resumés de chaque intervention