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Renzo Leonardi & Derek Pullen. Picasso’s Sculpture Head of a Woman (Fernande) 1909: a Collaborative Technical Study

Pablo Picasso Tête de femme

Pablo Picasso, Tête de femme (Fernande), 1909, Bronze; 40,5 x 23 x 26 cm. Paris, musée national Picasso - Paris. MP243 ©RMN-Grand Palais (musée national Picasso - Paris) / Adrien Didierjean © Succession Picasso, 2016

Il existe deux moulages en plâtre de la Tête de femme (Fernande) : une sculpture en collection privée prêtée à la Tate et une autre qui appartient au Nasher Sculpture Center. Les deux ont été revendiquées comme des plâtres originaux datant de 1909. En examinant ces sculptures, en recherchant leur histoire et en spéculant sur leur mode de réalisation, cette étude révèle, au-delà de leurs liens étroits, des objets distincts séparés par le temps et leur but. À l’aide de la technologie du scan digital, les plâtres sont ensuite comparés à quelques-unes des nombreuses Fernande en bronze coulées au cours de la vie de Picasso. Alors qu’une manipulation sophistiquée permet de caractériser les sculptures par leur taille, comprendre la signification de leurs différences exige une interprétation des données dans le contexte de la pratique en studio et en moulage. Des preuves de la façon dont les sculptures ont été faites se découvrent par un examen attentif des sculptures elles-mêmes. Excepté une édition de neuf bronzes coulés par Valsuani pour Heinz Berggruen en 1960, peu d’autres Fernande en bronze trouvées jusqu’à présent ont une documentation qui les lie à des dates de fonderie, de concessionnaires ou à des dates autres que celle de leur entrée dans les collections des musées. Cependant, en comparant similitudes et différences entre les plâtres et les bronzes et en se concentrant sur les modifications des plâtres qui se sont produites pendant et entre les épisodes de coulées répétées, il devient possible d’assigner un ordre aux groupes de Fernande en bronze qui s’étendent au cours de la vie de Picasso. L’étude introduit une méthode comparative utilisant une technologie du scan au laser qui améliore considérablement les tentatives précédentes de distinguer les différences dimensionnelles entre des moulages de bronze apparemment identiques. C’est un outil d’investigation qui étend et complète le savoir-faire conventionnel. Cette collaboration entre les auteurs – un physicien, des techniciens numériques et un conservateur de sculptures – est pertinente pour l’étude des bronzes coulés de beaucoup d’artistes au siècle dernier.